vendredi , 21 juillet 2017
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Le Manadier

Le Manadier Gardian de Camargue
Le Manadier Gardian de Camargue

Le manadier : « un homme épris de liberté, à l’esprit rebelle, un brin frondeur, toujours en quête de tradition et de fêtes rythmées au son des chants et des guitares… ». C’est ce que vous pourrez lire dans les dépliants touristiques qui voudront vous vendre une authentique journée dans une manade. Loin de cette image d’Épinal (qui reste néanmoins une source de revenu non négligeable), le métier de manadier revêt une réalité tout autre.

Le quotidien d’un manadier ?
Ce sont 200 têtes de bétail à gérer, à nourrir, à soigner, à « écarter » pour les courses. Les jeunes bouvillons à marquer de votre fer, de votre «escoussure », à tester lors d’obscures courses de villages où ils joueront leur destin : en gros cocardier (il sera alors baptisé d’un nom), ou en boucherie en passant par quelques stades intermédiaires (abrivados, courses d’emboulés…). Choisir ceux que l’on réserve pour la reproduction et ceux que l’on « bistourne ». C’est la marmite à faire bouillir. Le manadier, sans autres sources de revenu, ne tient pas un an. D’ailleurs, s’il n’est pas agriculteur ou milliardaire, le manadier exerce un métier : pharmacien, notaire. ..La manade, c’est un peu la danseuse. Quelques entrées d’argent : les courses, d’abord, du moins si l’on est en mesure de présenter une « royale » (lot de 6 taureaux) de valeur, les abrivados avec des taureaux de rebut, la boucherie, toujours. Le tourisme, aussi.  

Savoir conduire l’abrivado…
Ça tourne à peu près, sauf gros pépin. Le pépin, c’est les intempéries qui vous déciment un troupeau. Il y a 10 ans, Aubanel a perdu toutes ses bêtes qui, affolées par l’orage, se sont jetées dans une roubine où elles ont péri noyées. Sans parler des maladies : la vache folle, bon, en principe, pas de risque. Mais la tuberculose, endémique, la fièvre aphteuse redoutée ? Imaginez qu’il faille abattre : c’est 30 années de sélection, de croisements soigneusement calculés, de passion envolées en un instant.

C’est dire que le manadier doit être à la fois vétérinaire, comptable, imprésario, maquignon, et un peu sorcier s’il veut s’en tirer.
C’est dire qu’il doit être un pur, parce que, sinon, au bout de 6 mois, il jette l’éponge et s’achète un yacht. Il faut avoir, ancrée, la « fé di biou », la passion du taureau. Savoir aller chercher en plein hiver la vache qui vient de mettre bas on ne sait pas trop où, savoir conduire l’abrivado à la tête des gardians, savoir intervenir pour séparer les « bious » en cas de rixe (et Dieu sait qu’il y en a, souvent mortelles), savoir repérer du premier coup d’oeil le comportement anormal de tel ou tel (il ne serait pas en train de nous couver quelque chose, celui là ?), savoir si tel ou tel étalon ne s’est pas fait la belle au mépris des clôtures afin d’aller honorer quelque vache qui mugissait, à 20 km de là…  

Et vient alors, peut-être, la récompense : celle de sortir un taureau, qui, en 10 ans de carrière va écumer toutes les pistes de Provence et du bas Languedoc avec son nom en gros sur les affiches, un de ces taureaux qui vous décroche le « biou d’or », draine la grande foule et charge votre tablier de cheminée et vos étagères de coupes et de trophées. Ce jour-là, alors, vous êtes fier de vous, vous savez que tout ce combat n’a pas été mené en vain, vous êtes enfin un manadier !

Source : Témoignage d’un manadier 

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